Ménopause

Périménopause : comprendre tes changements hormonaux et solutions concrètes

Mis à jour le
Résumé

Les signes les plus courants de la périménopause :

  • Cycles irréguliers (plus courts, plus longs, plus espacés)
  • Les bouffées de chaleur
  • Les sueurs nocturnes
  • Une fatigue persistante que le repos ne suffit pas à soulager

Côté émotionnel :

  • Irritabilité
  • Insomnies avec des réveils en pleine nuit
  • Brouillard mental (trous de mémoire, difficulté à te concentrer)
  • Une sécheresse vaginale
  • Baisse de libido
  • Douleurs articulaires et une prise de poids au niveau du ventre sont aussi fréquentes

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Sommaire

  1. 01. Qu'est-ce que la périménopause ?
  2. 02. Comprendre le chaos hormonal : ce qui change dans ton corps
  3. 03. Les 15 symptômes de la périménopause 
  4. 04. Comment obtenir le diagonistc ?
  5. 05. Au-delà des symptômes visibles : ce que la périménopause change en profondeur
  6. 06. Reprendre le contrôle de ton quotidien : les solutions qui s'offrent à toi 

Tu ressens une fatigue inexpliquée, humeur en dents de scie, réveils à 3h du matin, des cycles qui n'ont plus rien de régulier… et pourtant, personne autour de toi ne semble mettre un mot sur ce que tu traverses. Tu t'es peut-être dit que c'était le stress, la charge mentale, ou simplement "l'âge".

Tu est probablement en train de vivre  la périménopause. C'est une phase de transition hormonale naturelle, qui peut débuter bien plus tôt qu'on ne le pense, et qui est encore largement méconnue. Pourtant, elle concerne toutes les femmes, sans exception.

Dans ce guide, on va t'expliquer ce qui se passe concrètement dans ton corps, quels sont les symptômes à repérer (y compris ceux dont personne ne parle), pourquoi les prises de sang ne reflètent pas toujours la réalité, et surtout ce que tu peux faire pour traverser cette période plus sereinement.

Qu'est-ce que la périménopause ?

La périménopause, c'est la période de transition qui précède la ménopause. Pendant cette phase, les ovaires commencent progressivement à ralentir leur activité : ils produisent moins de progestérone, puis moins d'œstrogènes, de manière irrégulière et imprévisible. Les cycles se modifient, les symptômes apparaissent, mais les règles sont encore présentes (1).

Ce n'est pas une maladie. C'est un processus physiologique normal, tout comme la puberté l'a été à l'autre bout du spectre. La difficulté, c'est que cette période peut durer de 2 à 8 ans selon les femmes, avec une intensité très variable (2).

La ménopause, elle, est officiellement confirmée après 12 mois consécutifs sans règles. Tant que ce seuil n'est pas atteint, tu es en périménopause, même si tes symptômes sont déjà très présents (3).

La différence entre périménopause, préménopause et ménopause

Ces termes sont souvent utilisés de manière interchangeable, ce qui crée beaucoup de confusion. En réalité, la préménopause et la périménopause désignent la même chose dans le langage médical courant : la phase de transition avant l'arrêt définitif des règles. La ménopause, quant à elle, est un état définitif et non une période de transition (3).

Préménopause / Périménopause Ménopause
Durée 2 à 8 ans (moyenne : 4 ans) Définitive
Règles Encore présentes, mais irrégulières Absentes depuis 12 mois
Hormones Fluctuations anarchiques des œstrogènes et baisse de la progestérone Chute durable des œstrogènes, FSH élevée
Fertilité Réduite mais encore possible Fertilité terminée
Âge moyen À partir de 45-47 ans (parfois dès 40 ans) ~51 ans en France

À quel âge commence-t-elle et combien de temps dure cette transition ?

En France, l'âge moyen de la ménopause est de 51 ans, ce qui situe le début de la périménopause autour de 45-47 ans en moyenne (2). Mais certaines femmes ressentent les premiers signes dès 40 ans, parfois même avant.

On distingue deux phases :

  • La périménopause précoce : les cycles se modifient légèrement (plus courts ou plus longs de 7 jours environ), l'ovulation devient moins régulière, et la progestérone commence à baisser. Cette phase peut durer 1 à 8 ans (4).
  • La périménopause tardive : les sauts de règles dépassent 60 jours, les symptômes s'intensifient (bouffées de chaleur, sueurs nocturnes), et la ménopause est proche. Cette phase dure en général 1 à 3 ans (4).

Comprendre le chaos hormonal : ce qui change dans ton corps

Pour comprendre tes symptômes, il faut comprendre ce qui se passe du côté de tes hormones. Pendant la périménopause, ce n'est pas une baisse linéaire et douce : c'est un véritable chaos hormonal.

La chute de la progestérone : pourquoi tu te sens plus anxieuse

La progestérone est la première hormone à diminuer, souvent des années avant les œstrogènes. C'est logique : la progestérone est produite par le corps jaune après l'ovulation. Or, quand l'ovulation devient irrégulière (cycles anovulatoires), la progestérone chute mécaniquement (1).

Le problème, c'est que la progestérone n'est pas seulement une hormone de la grossesse. Elle agit comme un calmant naturel du système nerveux en activant les récepteurs GABA dans le cerveau, les mêmes récepteurs sur lesquels agissent certains anxiolytiques (5). Quand elle chute, tu peux ressentir de l'anxiété sans raison apparente, une nervosité inhabituelle, un sommeil plus fragile avec des réveils en milieu de nuit, et une irritabilité que tu ne te connaissais pas. Selon l'INSERM, 40 à 50 % des femmes signalent une détérioration importante de la qualité du sommeil pendant la transition ménopausique (1).

Si tu souffres d'un syndrome prémenstruel plus intense que d'habitude, c'est souvent le signe que ta progestérone ne suit plus.

L'anarchie des œstrogènes : entre pics et chutes brutales

Contrairement à ce qu'on croit souvent, les œstrogènes ne font pas que baisser pendant la périménopause. Ils oscillent de manière imprévisible, avec des pics parfois très élevés suivis de chutes brutales. C'est cette instabilité, plus que la baisse elle-même, qui est à l'origine de la majorité des symptômes (1).

Quand les œstrogènes montent en pic, tu peux avoir des règles très abondantes, des seins douloureux, des migraines, de la rétention d'eau. Quand ils chutent brutalement, ce sont les bouffées de chaleur, les sueurs nocturnes et la sécheresse qui prennent le relais. Ce phénomène de montagnes russes hormonales explique pourquoi les symptômes peuvent changer d'un jour à l'autre, voire d'un cycle à l'autre (6).

Entre la périménopause et la ménopause installée, les œstrogènes peuvent baisser de 60 à 80 % (1).

Les 15 symptômes de la périménopause 

La périménopause ne se résume pas aux bouffées de chaleur. Beaucoup de femmes traversent cette période sans les reconnaître, parce que certains symptômes sont attribués à tort au stress, à la fatigue ou "à l'âge". Voici la liste complète de ce que tu peux ressentir.

Symptômes physiques

  • Cycles irréguliers : plus courts, plus longs, plus espacés, plus rapprochés. C'est souvent le premier signe.
  • Bouffées de chaleur et sueurs nocturnes : liées aux chutes d'œstrogènes, elles touchent environ 75 % des femmes en périménopause (7).
  • Fatigue persistante : une fatigue profonde qui ne se résout pas avec du repos, souvent liée à la chute de la progestérone et aux troubles du sommeil.
  • Douleurs articulaires : les œstrogènes ont un rôle anti-inflammatoire. Quand ils baissent, les articulations peuvent devenir douloureuses, surtout le matin (8).
  • Prise de poids abdominale : l'augmentation relative des androgènes favorise le stockage de la graisse viscérale. Une prise de poids inexpliquée vers 45 ans est un signe fréquent de périménopause.
  • Chute de cheveux ou modification de leur texture : un symptôme souvent ignoré mais directement lié aux fluctuations hormonales (6).

Symptômes cognitifs et émotionnels

  • Brouillard mental (brain fog) : trous de mémoire, difficulté à trouver tes mots, concentration qui flanche. Environ 60 % des femmes en font l'expérience pendant la transition ménopausique (9). Ce n'est pas un déclin cognitif permanent : c'est lié aux fluctuations hormonales et ça se stabilise après la ménopause.
  • Irritabilité et sautes d'humeur : les variations d'œstrogènes perturbent la production de sérotonine, le neurotransmetteur de la sérénité (10).
  • Anxiété nouvelle ou amplifiée : directement liée à la chute de la progestérone (voir plus haut).
  • Insomnies ou sommeil fragmenté : réveils entre 2h et 4h du matin, endormissement difficile, nuits agitées.
  • Baisse de la libido : liée à la fois à la fatigue, aux modifications hormonales et aux troubles de l'image de soi.

Symptômes gynécologiques

  • Sécheresse vaginale : la baisse des œstrogènes amincit les muqueuses vaginales et réduit la lubrification (1).
  • Infections urinaires à répétition : la muqueuse urinaire, elle aussi sensible aux œstrogènes, se fragilise (11).
  • Modifications du flux menstruel : règles plus abondantes, caillots, ou au contraire flux très léger qui traîne pendant des jours. Si tu constates des cycles irréguliers persistants, c'est un signe à prendre en compte.

Checklist : te reconnais-tu ?

Si tu coches 4 symptômes ou plus et que tu as entre 40 et 55 ans, il est très probable que tu sois en périménopause. Parles-en à ton médecin ou ta gynécologue.

 

☐ Mes cycles sont devenus irréguliers ou imprévisibles

☐ Je me réveille en pleine nuit sans pouvoir me rendormir

☐ J'ai des bouffées de chaleur ou des sueurs nocturnes

☐ Je suis plus irritable ou anxieuse sans raison évidente

☐ J'ai des trous de mémoire ou du mal à me concentrer

☐ Ma fatigue ne s'améliore pas malgré le repos

☐ J'ai pris du poids au niveau du ventre sans changer mes habitudes

☐ Ma libido a diminué

☐ J'ai des douleurs articulaires nouvelles

☐ Je ressens une sécheresse vaginale ou des gênes urinaires

Comment obtenir le diagonistc ?

C'est l'une des grandes frustrations de la périménopause : tu te sens clairement différente, mais les examens reviennent souvent "normaux".

Le diagnostic de la périménopause est avant tout clinique : il repose sur ton âge, tes symptômes et l'évolution de tes cycles. L'Assurance Maladie et la HAS confirment que les dosages hormonaux ne sont pas recommandés en première intention pour diagnostiquer la périménopause, car les taux de FSH et d'œstradiol fluctuent tellement d'un jour à l'autre qu'un résultat "normal" ne prouve rien (3).

Pourquoi ta prise de sang peut être normale alors que tu souffres

Pendant la périménopause, les hormones sont en montagnes russes. Un dosage de FSH réalisé un lundi peut être "normal", et complètement différent le jeudi suivant. Les œstrogènes peuvent être très hauts un cycle et très bas le suivant. C'est pourquoi un seul dosage isolé ne reflète pas du tout la réalité de ce que tu vis. Le diagnostic repose sur l'ensemble de tes symptômes et l'évolution de tes cycles, pas sur un chiffre ponctuel (3).

Si ton médecin balaye tes symptômes en te disant que "tout est normal sur la prise de sang", tu as le droit de demander un deuxième avis médical, par exemple auprès d'un gynécologue sensibilisé à la périménopause ou d'une sage-femme.

Au-delà des symptômes visibles : ce que la périménopause change en profondeur

Les bouffées de chaleur, l'insomnie, l'irritabilité : ces symptômes sont les plus visibles de la périménopause, et souvent les seuls dont on parle. Mais la baisse des œstrogènes a aussi des conséquences silencieuses sur des systèmes que tu ne sens pas forcément au quotidien.

Santé osseuse : le compte à rebours commence maintenant

Les œstrogènes jouent un rôle protecteur majeur sur les os : ils freinent l'activité des ostéoclastes, les cellules qui résorbent le tissu osseux. Quand les œstrogènes chutent, la perte osseuse s'accélère. Les femmes peuvent perdre jusqu'à 20 % de leur densité osseuse dans les 5 à 7 ans qui suivent la ménopause (18). Et cette perte commence dès la périménopause.

C'est pourquoi cette période est le moment idéal pour renforcer ton capital osseux avant qu'il ne diminue trop. Concrètement, cela passe par un apport suffisant en calcium (produits laitiers, sardines, amandes, brocoli), une supplémentation en vitamine D si nécessaire (15), et surtout par une activité physique à impact comme la marche rapide, la course à pied ou le renforcement musculaire avec charge. Ces exercices stimulent directement la formation osseuse et sont parmi les outils les plus efficaces contre l'ostéoporose (18).

Santé cardiovasculaire : la protection hormonale s'efface

Avant la ménopause, les œstrogènes exercent un effet protecteur sur le système cardiovasculaire : ils contribuent à maintenir la souplesse des artères, à réguler le cholestérol et à limiter l'inflammation vasculaire. Quand cette protection s'efface, le risque cardiovasculaire augmente progressivement et rejoint celui des hommes au même âge (19).

C'est un sujet peu abordé quand on parle de périménopause, et pourtant les maladies cardiovasculaires sont la première cause de mortalité chez les femmes en France. La bonne hygiène de vie prend ici tout son sens : alimentation riche en oméga 3 et en fibres, activité physique régulière, arrêt du tabac, gestion du stress. Un bilan lipidique régulier (cholestérol, triglycérides) est aussi recommandé à partir de la périménopause (19).

Santé métabolique : quand l'insuline s'en mêle

La périménopause ne se contente pas de modifier ta silhouette : elle peut aussi augmenter ta résistance à l'insuline. La baisse des œstrogènes perturbe la façon dont ton corps utilise le glucose, ce qui favorise le stockage des graisses (surtout au niveau abdominal) et peut augmenter le risque de développer un diabète de type 2 à long terme (20).

Ce mécanisme explique en partie pourquoi tu peux prendre du poids malgré une alimentation inchangée, ou pourquoi tu ressens des fringales de sucre plus fréquentes. Pour limiter ce phénomène, privilégie une alimentation à index glycémique bas (légumineuses, céréales complètes, légumes), associe toujours des fibres ou des protéines à tes repas, et intègre du mouvement après les repas (même 10 minutes de marche aident à réguler la glycémie).

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Reprendre le contrôle de ton quotidien : les solutions qui s'offrent à toi 

La périménopause n'est pas une fatalité. Il existe des leviers concrets, de l'hygiène de vie jusqu'au médical, pour traverser cette période dans de meilleures conditions.

L'alimentation "hormono-friendly" et les compléments

Ton alimentation est l'un des premiers leviers sur lesquels tu peux agir. Pendant la périménopause, certains nutriments deviennent particulièrement importants :

  • Le magnésium contribue à améliorer le sommeil et à réduire l'anxiété. Les besoins augmentent avec l'âge et le stress. Les oléagineux, le chocolat noir et les légumes verts en sont de bonnes sources (12).
  • Les oméga 3 (poissons gras, huile de colza, lin) ont une action anti-inflammatoire précieuse à cette période et soutiennent la santé cardiovasculaire, un enjeu croissant avec la chute des œstrogènes (13).
  • Les phytoœstrogènes : certains aliments (soja, graines de lin) contiennent des composés qui miment faiblement l'action des œstrogènes et peuvent atténuer les bouffées de chaleur chez certaines femmes (14).
  • La vitamine D : essentielle pour la santé osseuse (le risque d'ostéoporose augmente après la ménopause), mais aussi impliquée dans la régulation de l'humeur. Une supplémentation est souvent nécessaire, en particulier entre octobre et avril (15).

Côté compléments, le gattilier (Vitex agnus-castus) est l'une des plantes les plus étudiées pour les troubles liés au cycle menstruel et à la progestérone. Plusieurs études montrent qu'il peut aider à atténuer les symptômes de la périménopause, notamment l'irrégularité des cycles et les troubles de l'humeur (16).

Plus globalement, limiter les aliments ultra-transformés, l'alcool et les sucres raffinés aide à réduire l'inflammation de bas grade, qui est accentuée par les fluctuations hormonales.

Symptôme Approche naturelle Approche médicale
Bouffées de chaleur Phytoœstrogènes, sauge, gestion du stress Traitement Hormonal de la Ménopause (THM)
Anxiété / Insomnie Magnésium, gattilier, cohérence cardiaque Progestérone micronisée, anxiolytiques ponctuels
Cycles irréguliers Gattilier, suivi du cycle Progestatifs ou pilule faiblement dosée
Sécheresse vaginale Hydratants locaux, acide hyaluronique Œstrogènes locaux (crème ou ovules)
Prise de poids Activité physique (renforcement musculaire ++), alimentation à IG bas Bilan métabolique, suivi nutritionnel
Perte osseuse Calcium alimentaire, vitamine D, exercices à impact (marche, renforcement) Ostéodensitométrie, THM, biphosphonates si nécessaire
Risque cardiovasculaire Oméga 3, fibres, activité physique régulière, arrêt du tabac Bilan lipidique, suivi tensionnel

Quand le THM n'est pas une option : les alternatives non hormonales

Toutes les femmes ne peuvent pas (ou ne souhaitent pas) prendre un traitement hormonal. Certaines ont des contre-indications strictes (antécédent de cancer du sein hormonodépendant, par exemple), d'autres préfèrent explorer d'autres voies. Plusieurs options non hormonales ont fait l'objet d'études sérieuses, notamment pour les bouffées de chaleur :

  • Les extraits de pollen purifié : des essais cliniques ont montré une réduction significative des bouffées de chaleur, de la fatigue et des troubles du sommeil chez les femmes ménopausées prenant un extrait de pollen purifié, sans effet hormonal. Ce complément agit sur la thermorégulation par un mécanisme non œstrogénique (21).
  • L'acupuncture : plusieurs méta-analyses suggèrent qu'elle peut réduire la fréquence et l'intensité des bouffées de chaleur de manière modérée, avec un bon profil de tolérance. Les résultats sont variables selon les femmes, mais l'absence d'effets secondaires en fait une option intéressante à tester (22).
  • La thérapie cognitivo-comportementale (TCC) : des études ont montré qu'elle réduit l'impact perçu des bouffées de chaleur sur la qualité de vie. Elle ne supprime pas les bouffées elles-mêmes, mais elle modifie la façon dont tu les vis et les gères (23).
  • Les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS) : certains antidépresseurs à faible dose (comme la paroxétine ou la venlafaxine) sont parfois prescrits hors AMM pour les bouffées de chaleur sévères chez les femmes qui ne peuvent pas prendre de THM. Ils peuvent réduire la fréquence des bouffées de 50 à 60 %, mais ils nécessitent un suivi médical (6).

Le Traitement Hormonal de la Ménopause (THM) : lever les tabous

Le THM a longtemps souffert d'une mauvaise réputation en raison d'une étude américaine publiée au début des années 2000 (Women's Health Initiative) qui avait été très médiatisée. Depuis, la science est largement revenue sur ces conclusions (17).

Aujourd'hui, le consensus médical (INSERM, CNGOF, GEMVI) considère que le THM est bénéfique pour la majorité des femmes symptomatiques, à condition d'être prescrit dans la "fenêtre d'opportunité" (au début de la ménopause, idéalement avant 60 ans), en l'absence de contre-indications strictes, et avec des hormones bio-identiques (œstradiol transdermique + progestérone micronisée) (17).

Le THM agit sur l'ensemble des symptômes : bouffées de chaleur, sueurs nocturnes, troubles du sommeil, brouillard mental, sécheresse vaginale, douleurs articulaires. Si tes symptômes affectent ta qualité de vie, tu as le droit d'en discuter avec ton médecin ou ta gynécologue. C'est un choix éclairé, pas un aveu de faiblesse.

L'association entre le SOPK et la ménopause peut aussi modifier la manière dont cette transition est vécue, notamment chez les femmes qui ont déjà un terrain hormonal complexe.

Lexique
  • Récepteurs GABA : des récepteurs du cerveau qui, une fois activés, produisent un effet calmant et favorisent le sommeil (la progestérone les stimule naturellement).
  • THM (traitement hormonal de la ménopause) : c'est un traitement médical qui compense la chute de tes hormones par la prise d'œstradiol et de progestérone, sous forme de patch, gel ou comprimé. Il agit sur l'ensemble des symptômes de la ménopause.
  • FSH (hormone folliculo-stimulante) : ce sont des hormones produites par l'hypophyse qui stimule tes ovaires. Son taux augmente quand les ovaires ralentissent, ce qui explique pourquoi c'est un marqueur important de la la ménopause.
  • ISRS (inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine) : c'est une famille de médicaments antidépresseurs qui, à faible dose, peuvent atténuer les bouffées de chaleur. Ils sont parfois proposés quand le THM est contre-indiqué.

Références scientifiques

(1) INSERM. "Ménopause. Une meilleure sécurité d'utilisation des traitements hormonaux." Dossier d'information, 2023. Disponible sur : inserm.fr/dossier/menopause

(2) Ameli.fr (Assurance Maladie). "Périménopause (préménopause) : symptômes et contraception." Consulté en 2025. Disponible sur : ameli.fr/assure/sante/themes/menopause/perimenopause-premenopause-symptomes-et-contraception

(3) Ameli.fr (Assurance Maladie). "Ménopause : définition, symptômes et diagnostic." Consulté en 2025. Disponible sur : ameli.fr/assure/sante/themes/menopause/symptomes-diagnostic

(4) Harlow SD, Gass M, Hall JE, et al. "Executive summary of the Stages of Reproductive Aging Workshop + 10: addressing the unfinished agenda of staging reproductive aging." The Journal of Clinical Endocrinology & Metabolism, 2012 ; 97(4):1159-1168. DOI : 10.1210/jc.2011-3362

(5) Bixo M, Andersson A, Winblad B, Purdy RH, Bäckström T. "Progesterone, 5α-pregnane-3,20-dione and 3α-hydroxy-5α-pregnane-20-one in specific regions of the human female brain in different endocrine states." Brain Research, 1997 ; 764(1-2):173-178. DOI : 10.1016/S0006-8993(97)00455-1

(6) CNGOF et GEMVI. "Les femmes ménopausées : recommandations pour la pratique clinique." Gynécologie Obstétrique Fertilité & Sénologie, 2021 ; 49(5):305-499.

(7) Avis NE, Crawford SL, Greendale G, et al. "Duration of menopausal vasomotor symptoms over the menopause transition." JAMA Internal Medicine, 2015 ; 175(4):531-539. DOI : 10.1001/jamainternmed.2014.8063

(8) Magliano M. "Menopausal arthralgia: fact or fiction." Maturitas, 2010 ; 67(1):29-33. DOI : 10.1016/j.maturitas.2010.04.009

(9) Mosconi L, Berti V, Quinn C, et al. "Sex differences in Alzheimer risk: brain imaging of endocrine vs chronologic aging." Neurology, 2017 ; 89(13):1382-1390. DOI : 10.1212/WNL.0000000000004425

(10) Epperson CN, Sammel MD, Freeman EW. "Menopause effects on verbal memory: findings from a longitudinal community cohort." The Journal of Clinical Endocrinology & Metabolism, 2013 ; 98(9):3829-3838. DOI : 10.1210/jc.2013-1808

(11) Ameli.fr. "Infections urinaires de la femme : facteurs favorisants." Consulté en 2025.

(12) Boyle NB, Lawton C, Dye L. "The effects of magnesium supplementation on subjective anxiety and stress: a systematic review." Nutrients, 2017 ; 9(5):429. DOI : 10.3390/nu9050429

(13) Calder PC. "Omega-3 fatty acids and inflammatory processes: from molecules to man." Biochemical Society Transactions, 2017 ; 45(5):1105-1115. DOI : 10.1042/BST20160474

(14) Franco OH, Chowdhury R, Troup J, et al. "Use of plant-based therapies and menopausal symptoms: a systematic review and meta-analysis." JAMA, 2016 ; 315(23):2554-2563. DOI : 10.1001/jama.2016.8012

(15) OMS. "Directive : supplémentation en vitamine D." 2019.

(16) Van Die MD, Burger HG, Teede HJ, Bone KM. "Vitex agnus-castus extracts for female reproductive disorders: a systematic review of clinical trials." Planta Medica, 2013 ; 79(7):562-575. DOI : 10.1055/s-0032-1327831

(17) Mission parlementaire sur la ménopause. "La ménopause en France : 25 propositions pour enfin trouver le chemin de l'action." Rapport remis le 9 avril 2025 par la députée Stéphanie Rist. / INSERM, dossier Ménopause, 2023.

(18) OMS. "Prévention et prise en charge de l'ostéoporose." Rapport technique, 2003. / Khosla S, Oursler MJ, Monroe DG. "Estrogen and the skeleton." Trends in Endocrinology & Metabolism, 2012 ; 23(11):576-581. DOI : 10.1016/j.tem.2012.03.008

(19) INSERM. "Maladies cardiovasculaires chez la femme." Dossier d'information, 2021. / Muka T, Oliver-Williams C, Kunutsor S, et al. "Association of age at onset of menopause and time since onset of menopause with cardiovascular outcomes, intermediate vascular traits, and all-cause mortality." JAMA Cardiology, 2016 ; 1(7):767-776. DOI : 10.1001/jamacardio.2016.2415

(20) Yan H, Yang W, Zhou F, et al. "Estrogen improves insulin sensitivity and suppresses gluconeogenesis via the transcription factor Foxo1." Diabetes, 2019 ; 68(2):291-304. DOI : 10.2337/db18-0638

(21) Winther K, Rein E, Hedman C. "Femal, a herbal remedy made from pollen extracts, reduces hot flushes and improves quality of life in menopausal women." Climacteric, 2005 ; 8(2):162-170. DOI : 10.1080/13697130500117987

(22) Chiu HY, Pan CH, Shyu YK, Han BC, Tsai PS. "Effects of acupuncture on menopause-related symptoms and quality of life in women in natural menopause: a meta-analysis of randomized controlled trials." Menopause, 2015 ; 22(2):234-244. DOI : 10.1097/GME.0000000000000260

(23) Ayers B, Smith M, Hellier J, Mann E, Hunter MS. "Effectiveness of group and self-help cognitive behavior therapy in reducing problematic menopausal hot flushes and night sweats (MENOS 2): a randomized controlled trial." Menopause, 2012 ; 19(7):749-759. DOI : 10.1097/gme.0b013e31823fe835

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FAQ

Quel est l'âge moyen pour entrer en périménopause ?

En France, la ménopause survient en moyenne à 51 ans. La périménopause débute donc généralement entre 45 et 47 ans, mais elle peut commencer dès 40 ans chez certaines femmes. Si tes symptômes apparaissent avant 40 ans, on parle d'insuffisance ovarienne prématurée et une consultation spécialisée est recommandée.

Quelles sont les étapes clés de la périménopause ?

On distingue la périménopause précoce, où les cycles commencent à varier en durée (raccourcis ou allongés de 7 jours ou plus) et la périménopause tardive, caractérisée par des sauts de règles dépassant 60 jours et des symptômes plus intenses (bouffées de chaleur, sueurs nocturnes). L'ensemble de la transition dure en moyenne 4 ans, mais peut s'étendre de 2 à 8 ans selon les femmes.

Quels sont les symptômes physiques de la périménopause ?

Les plus fréquents sont les cycles irréguliers, les bouffées de chaleur, les sueurs nocturnes, la fatigue persistante, les douleurs articulaires, la prise de poids abdominale, la chute de cheveux, la sécheresse vaginale et les infections urinaires à répétition. Des symptômes cognitifs et émotionnels (brouillard mental, anxiété, irritabilité, insomnie) sont aussi très courants.

Comment savoir si je suis en périménopause ou déjà ménopausée ?

La ménopause est confirmée après 12 mois consécutifs sans règles. Avant ce seuil, même si tes règles sont très espacées et que tes symptômes sont intenses, tu es encore en périménopause. Le diagnostic repose sur les signes cliniques et l'évolution de tes cycles, pas sur une prise de sang (les dosages hormonaux sont souvent peu fiables à ce stade).

Quels examens permettent de confirmer la ménopause ?

En pratique, le diagnostic est clinique : 12 mois sans règles chez une femme d'environ 50 ans. Les dosages hormonaux (FSH élevée, œstradiol bas) ne sont demandés qu'en cas de doute, de ménopause précoce suspectée, ou si une contraception hormonale empêche de suivre l'évolution naturelle des cycles. Chez la femme entre 45 et 55 ans avec des symptômes typiques, aucun examen supplémentaire n'est nécessaire.