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Seins tendus, fatigue écrasante, humeur en montagnes russes… Tu scrutes le moindre signal de ton corps en te demandant : est-ce que ce sont mes règles qui arrivent, ou est-ce que je suis enceinte ? Si tu te poses la question, sache que tu es loin d'être la seule. Cette confusion est tout à fait normale, et elle a une explication biologique très simple.
Le point commun entre le syndrome prémenstruel (SPM) et un début de grossesse, c'est la progestérone. Cette hormone grimpe en flèche après l'ovulation, que l'ovule ait été fécondé ou non. C'est elle qui prépare ton utérus à accueillir un éventuel embryon, et c'est aussi elle qui provoque la majorité des symptômes que tu ressens dans la deuxième partie de ton cycle (1).
Résultat : ton corps t'envoie des signaux quasi identiques dans les deux cas, et il est très difficile de trancher avant le retard de règles.
Mais il existe quand même des nuances. Dans cet article, on t'aide à repérer les différences entre SPM et grossesse, symptôme par symptôme, pour que tu puisses y voir plus clair en attendant de faire un test.
Avant d'aller plus loin, un mot important : quand on désire une grossesse, on a tendance à guetter le moindre signal de son corps. Cette hyper-vigilance est tout à fait humaine, mais elle peut amplifier la perception de symptômes qui, en temps normal, seraient passés inaperçus. Une légère tension dans les seins, un coup de fatigue un peu plus marqué, un tiraillement dans le bas-ventre… Tout devient un « signe potentiel ». Des travaux en psychologie de la reproduction ont montré que le stress lié à l'attente d'un résultat peut intensifier la façon dont on ressent les symptômes prémenstruels, au point de les confondre encore davantage avec un début de grossesse (9). Alors si tu es en projet bébé, essaie autant que possible de ne pas sur-interpréter chaque sensation : ton corps te parle, mais ton esprit peut aussi amplifier tes sensations.

Pourquoi est-il si difficile de différencier le SPM d'un début de grossesse ?
Après l'ovulation, ton corps entre dans la phase lutéale. Le corps jaune (la petite structure laissée par le follicule après l'expulsion de l'ovocyte) se met à produire de la progestérone en grande quantité (1). Cette hormone a un effet direct sur ta poitrine, ton humeur, ton transit, ta température corporelle et ton niveau d'énergie.
Si la fécondation a lieu, le corps jaune continue de sécréter de la progestérone pour maintenir l'endomètre en place et permettre la nidation. Parallèlement, une nouvelle hormone entre en jeu : la bêta-hCG (gonadotrophine chorionique humaine), produite dès l'implantation de l'embryon. C'est elle qui envoie le signal au corps jaune de continuer son travail (2). Si la fécondation n'a pas eu lieu, la progestérone chute, l'endomètre se détache et tes règles arrivent.
La principale différence entre SPM et grossesse réside dans la persistance des signes : les symptômes du SPM s'arrêtent net dès l'arrivée des règles, tandis que les symptômes de grossesse s'installent et durent.
C'est ce critère de durée qui est le plus fiable pour t'orienter, car pendant les quelques jours qui précèdent la date présumée de tes règles, les symptômes sont pratiquement indiscernables.
Symptômes communs & signes distinctifs
Pour t'aider à y voir plus clair, voici un récapitulatif des principaux symptômes et de ce qui change (même subtilement) entre le SPM et un début de grossesse :
| Symptôme | SPM | Grossesse |
|---|---|---|
| Poitrine | Seins lourds et sensibles, surtout sur les côtés. Diminue dès le 1er jour des règles. | Seins très sensibles, picotements au niveau des mamelons, veines plus visibles, aréoles qui foncent. La sensibilité persiste et s'intensifie. |
| Humeur | Irritabilité, anxiété, tristesse. Ces variations s'estompent avec l'arrivée des règles. | Hypersensibilité émotionnelle qui dure, pleurs faciles, parfois une euphorie inattendue. |
| Fatigue | Coup de mou avant les règles, qui passe une fois le cycle relancé. | Fatigue intense et persistante, souvent décrite comme « écrasante », liée à la montée de progestérone et de bêta-hCG (2). |
| Nausées | Rares, plutôt des troubles digestifs (ballonnements, transit perturbé). | Nausées fréquentes (50 à 90 % des femmes enceintes), souvent accompagnées d'une hypersensibilité aux odeurs (3). |
| Crampes | Douleurs dans le bas-ventre et le bas du dos, parfois intenses, qui démarrent juste avant ou pendant les règles. | Tiraillements plus légers et diffus dans le bas-ventre, parfois accompagnés de légers spottings rosés. |
Les zones de confusion : poitrine, fatigue et humeur
Ces trois symptômes sont les plus trompeurs car ils sont directement liés à la progestérone, présente en quantité élevée dans les deux situations. La différence se joue surtout sur l'intensité et la durée.
En cas de SPM, la sensibilité des seins est souvent maximale juste avant les règles et diminue nettement dès que le flux menstruel commence. En cas de grossesse, la sensibilité mammaire a tendance à persister et même à s'accentuer au fil des jours. Une étude menée auprès de femmes enceintes a montré qu'environ 76 % des femmes rapportaient une sensibilité des seins comme symptôme du premier trimestre, en association avec la fatigue et les nausées (4).
Côté fatigue, la nuance est similaire : la fatigue prémenstruelle est un « coup de mou » qui s'estompe avec les règles, alors que la fatigue de début de grossesse est souvent décrite comme un épuisement profond, qui s'installe dès les premières semaines et persiste tout au long du premier trimestre (2).
Les nausées et l'odorat : un premier indice de grossesse ?
S'il y a bien un symptôme qui penche davantage du côté de la grossesse, ce sont les nausées. Même si certaines femmes ressentent des ballonnements, des aigreurs d'estomac ou un léger inconfort digestif avant leurs règles, les vraies nausées (avec ou sans vomissements) sont beaucoup plus caractéristiques d'un début de grossesse.
Selon les données de l'Assurance Maladie (Ameli), les nausées gravidiques touchent 50 à 90 % des femmes enceintes. Elles débutent généralement vers la 6ᵉ semaine d'aménorrhée, atteignent un pic vers la 9ᵉ semaine, puis s'atténuent progressivement à la fin du premier trimestre (3). Elles sont principalement liées à l'augmentation rapide de la bêta-hCG, dont le taux double environ toutes les 48 heures dans les premières semaines (2).
Un autre indice souvent rapporté par les femmes en tout début de grossesse : une hypersensibilité olfactive inhabituelle. Des odeurs qui passaient inaperçues (parfum, cuisson, café) peuvent soudainement devenir insupportables. Ce phénomène serait lié aux bouleversements hormonaux du premier trimestre et peut apparaître très tôt, parfois dès la première semaine après la fécondation.
Les douleurs abdominales : crampes de règles ou nidation ?
Les crampes dans le bas-ventre sont fréquentes dans les deux cas, mais elles n'ont pas tout à fait les mêmes caractéristiques.
Les douleurs prémenstruelles sont généralement bien connues : tu les reconnais d'un cycle à l'autre, elles sont souvent assez intenses et localisées dans le bas-ventre et le bas du dos.
En début de grossesse, les sensations sont souvent décrites comme des tiraillements plus légers et diffus, un peu comme des petites tensions dans le bas-ventre. Elles peuvent correspondre à l'implantation de l'embryon dans la paroi utérine, un processus qui se produit généralement entre le 6ᵉ et le 12ᵉ jour après l'ovulation (5).
👉 Il est crucial de savoir reconnaître une douleur d'ovulation pour dater son cycle et mieux interpréter ces sensations.
3 signes subtils qui penchent souvent en faveur d'une grossesse
Au-delà des symptômes classiques, certains signes plus discrets peuvent te mettre la puce à l'oreille. Ils ne sont pas systématiques, mais quand ils sont présents, ils orientent davantage vers une grossesse.
Le spotting de nidation : quand de légères pertes intriguent
Environ 9 % des femmes enceintes observent de légers saignements au cours des 8 premières semaines de grossesse, selon une étude (6). Ces pertes sont généralement très légères, rosées ou brunâtres, et bien différentes d'un flux menstruel classique.
Il est important de préciser que cette même étude n'a pas trouvé de lien direct entre le saignement et le jour exact de l'implantation. Les pertes apparaissaient plutôt autour de la date attendue des règles. Donc si tu observes de très légères pertes inhabituelles suivies d'un arrêt des saignements (au lieu du flux habituel de tes règles), cela peut être un signe à ne pas négliger.
👉Observe aussi l'aspect de ta glaire cervicale qui reste souvent crémeuse et abondante en cas de grossesse, au lieu de s'assécher comme avant les règles.
La température basale : une courbe qui ne redescend pas
Si tu suis ta température basale (la température de ton corps au repos, prise chaque matin au réveil), tu connais probablement le schéma classique : la température monte après l'ovulation sous l'effet de la progestérone, puis redescend juste avant les règles quand la progestérone chute.
En cas de grossesse, la température reste haute. Le corps jaune continue de produire de la progestérone, maintenu en activité par la bêta-hCG sécrétée par l'embryon. Des travaux publiés dans Fertility and Sterility ont confirmé que les cycles aboutissant à une grossesse présentent systématiquement un profil biphasique avec une phase haute qui se maintient au-delà de 18 jours (7). Si ta courbe de température reste élevée plus de 18 jours après l'ovulation, c'est un indice assez fort de grossesse.
L'essoufflement et la congestion nasale : les signes méconnus
On en parle rarement, et pourtant : le nez bouché est un symptôme de grossesse bien réel. C'est ce qu'on appelle la « rhinite de grossesse ». Selon une revue de la littérature publiée dans le Journal of Allergy and Clinical Immunology, elle touche environ une femme enceinte sur cinq (8).
La cause ? Les hormones de grossesse (œstrogènes et progestérone) provoquent un gonflement des muqueuses nasales et une augmentation du volume sanguin, ce qui engendre une sensation de nez bouché, d'essoufflement léger ou de congestion sans aucun signe d'infection (8). Ce symptôme peut apparaître dès les premières semaines et passer totalement inaperçu, car on ne l'associe pas spontanément à une grossesse.
L'essoufflement léger au moindre effort peut aussi survenir très tôt : la progestérone modifie ta façon de respirer en augmentant ta sensibilité au CO₂, ce qui te donne parfois l'impression de manquer d'air alors que tout va bien.

Le verdict : à quel moment faire un test pour être fixée ?
On le sait, l'attente est difficile. Mais aucun symptôme, aussi évocateur soit-il, ne peut remplacer un test de grossesse.
La bêta-hCG commence à être détectable dans les urines environ 7 à 9 jours après l'ovulation, mais à des taux encore très faibles (2). Pour un résultat fiable, il est recommandé d'attendre au moins le premier jour de retard de règles, voire quelques jours de plus si tes cycles sont irréguliers.
Attention au choix de ton test urinaire : tous les tests de grossesse ne se valent pas en termes de sensibilité. La différence se joue sur le seuil de détection de la bêta-hCG, exprimé en mUI/ml :
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Les tests classiques (25 mUI/ml) sont fiables à partir du premier jour de retard de règles. Ce sont les plus courants en pharmacie et en grande surface.
- Les tests précoces (10 mUI/ml) sont plus sensibles et peuvent détecter une grossesse jusqu'à 4 à 6 jours avant la date présumée des règles. Ils sont souvent étiquetés « test précoce » ou « early detection » sur l'emballage.
Si tu testes trop tôt avec un test classique (25 mUI/ml), tu risques d'obtenir un faux négatif : le taux de bêta-hCG peut être encore trop bas pour être capté par le test, même si une grossesse est en cours. Si tu ne peux pas attendre le retard et que tu choisis un test précoce, garde en tête que le résultat sera plus fiable avec les premières urines du matin (plus concentrées en hormones).
Pour lever tout doute, une prise de sang dosant la bêta-hCG reste l'examen le plus sensible et le plus fiable. Elle peut détecter une grossesse dès 7 à 10 jours après l'ovulation et ne nécessite pas d'ordonnance (le coût est alors à ta charge, environ 15 à 20 € selon les laboratoires).
Si ton test est positif et que tu as des questions sur la suite, n'hésite pas à te rapprocher de ton médecin ou de ta sage-femme pour un premier suivi.
Crampes et douleurs : quand faut-il s'inquiéter ?
Des crampes légères en début de grossesse sont normales et courantes. En revanche, certaines situations doivent t'amener à consulter rapidement :
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Des douleurs intenses et unilatérales (d'un seul côté du bas-ventre) accompagnées ou non de saignements, car cela peut évoquer une grossesse extra-utérine
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Des saignements abondants (flux rouge vif comparable à des règles) après un test positif
- Des douleurs persistantes qui ne passent pas au repos et qui s'intensifient
Si tu as des cycles irréguliers, il peut être encore plus difficile de savoir où tu en es. Dans ce cas, la gestion de tes cycles irréguliers est un vrai sujet à travailler en amont, notamment si tu es en projet de grossesse.
- Progestérone : c'est « l'hormone du repos ». Elle est produite après chaque ovulation pour préparer l'utérus à accueillir un éventuel embryon. C'est elle la grande responsable des seins tendus et de la fatigue, qu'on soit enceinte ou non.
- Bêta-hCG : on l'appelle souvent « l'hormone de la grossesse ». Elle n'est fabriquée que si un embryon s'installe dans l'utérus. C'est elle que les tests de grossesse cherchent à détecter dans tes urines ou ton sang.
- Nidation : c'est le moment précis où l'œuf fécondé vient se fixer dans la paroi de l'utérus pour y faire son nid. Cela se produit environ une semaine après la conception.
- Spotting : ce sont de très légères pertes de sang (quelques gouttes roses ou marron) qui ne ressemblent pas à des règles classiques et ne durent généralement pas longtemps.
- Glaire cervicale : ce sont les pertes blanches naturelles produites par le col de l'utérus. Leur aspect change selon le moment du cycle pour laisser passer (ou non) les spermatozoïdes.
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